Utilisation des réseaux sociaux au Cameroun. Quelles conséquences sociales ?

TEAM 5

MEMBRES :

  1. Frank William BATCHOU
  2. Yannick ASSONGMO NECDEM
  3. Michèle EBONGUE

Thème : Utilisation des réseaux sociaux au Cameroun. Quelles conséquences sociales ?

Plan de travail

Résumé

Introduction

1- Définition des concepts et mots clés
2- Rappel du cadre légal et réglementaire (National, régional, international)
3- Utilisation des réseaux sociaux au Cameroun : comment elle se pratique ?
4- L’impact social de l’utilisation des réseaux sociaux au Cameroun.
5- Recommandations

Conclusions

Annexes
Bibliographie, médiagraphie, webographie

INTRODUCTION

      A l’aube de l’an 2000, la population camerounaise découvre internet via les cyber-cafés. Les activités courantes étaient l’envoie et réception des courriels. Au fil des années, l’opérateur de téléphonie mobile Camtel a perdu le monopole de la distribution d’internet au profit des autres opérateurs de téléphonie mobile tels que Orange Cameroun, MTN Cameroon, Yoomee, Nextel, Cyberlink, et Vodafone (qui a été poussé à la fermeture en 2017 suite au retrait de sa licence par l’ART[1]la même année). D’où la concurrence rude dans ce secteur des télécoms au Cameroun. En janvier 2020, le rapport de datareportal dénombre 23,62 millions de téléphones mobile connectés à internet. Comparé à la population camerounaise, le taux est estimé à 90%.

      Cette concurrence a donné naissance à une variété de forfaits internet offerts par lesdits opérateurs. Par ailleurs, on a également assisté à une explosion de la commercialisation des téléphones Androïd low cost. Cette association a généré une ruée des populations vers internet avec des activités telles que : l’échange des courriels, les recherches sur les stars, les jeux vidéo en ligne, etc. C’est ainsi qu’au début des années 2010, on a assisté à une montée en puissance de l’utilisation des réseaux sociaux avec la naissance des premières plateformes dont les premières ont vu le jour en 1997 : MySpace, Hi5, Weblog et Six Degrees.

      Aujourd’hui, les réseaux sociaux (à ne pas confondre avec les médias sociaux) sont devenus presqu’indispensable pour bon nombre de citoyens. Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, Snapchat, Tik Tok… sont devenus de véritables plateformes de partages entre les internautes. D’où la qualification de « Génération tête baissée ». Quelles conséquences ont-elles sur la société camerounaise ? Ce questionnement nous conduit directement à la thématique de notre travail : « Utilisation des réseaux sociaux au Cameroun : quelles conséquences sociales ? »

       Notre travail reposera sur cinq (5) grandes parties : La première porte sur la définition des concepts. La deuxième sur le rappel du cadre légal et réglementaire au niveau national, sous régional et international. La troisième et la quatrième partie traite de l’usage courante des réseaux sociaux et son impact social au Cameroun. Et la dernière repose sur les recommandations pour une meilleure utilisation quotidienne des réseaux sociaux.

  1. DÉFINITION DES CONCEPTS ET MOTS CLÉS

       Pour mieux apporter le sujet, il est, au préalable, important de définir quelques concepts clés de notre travail.

  1. Utilisation

       C’est un nom féminin. D’après le dictionnaire en ligne l’internaute[2], il signifie fait ou façon de faire quelque chose.

  1. Réseaux sociaux

       L’expression « réseaux sociaux » dans le domaine technologique renvoie à un service permettant de regrouper diverses personnes afin de créer un échange sur un sujet particulier ou non.

      Calqué sur le modèle de la vie en communauté, l’expression tire ses origines dans les forums, les groupes de discussion et salons de chat introduits dès les premières heures d’internet. La vocation première d’un réseau social est donc la mise en relation des utilisateurs entre eux via un compte ou profil. On parle partage ou de réseautage. Comme réseaux sociaux, on peut citer : Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, Snapchat, Copain d’avant, Viadeo, MySpace.

       Très souvent, le thème est abusivement confondu à celui de médias sociaux. Hors, les réseaux sociaux ne constituent qu’une partie non négligeable des médias sociaux, sans pour autant les résumer. On a par exemple : les blogs, les wikis ou les forums de discussions, Whatsapp, etc.

  1. Conséquences sociales

         L’expression renvoie à la résultante, l’effet ou les séquelles positives ou négatives d’un fait, d’un acte ou d’une action sur une communauté ou une population précise.

         Dans le cadre de notre travail, il sera question de relever les effets produits sur la population camerounaise suite à l’utilisation croissante des réseaux sociaux.

  • RAPPEL DU CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE (NATIONAL, RÉGIONAL, INTERNATIONAL)

       Tous les domaines d’activités et spécialités nécessitent l’intervention d’une réglementation, en vue de respecter, de recadrer, et de définir le fonctionnement de celle-ci. Généralement considérés comme des spécialités et des activités de technologie et d’échanges, les réseaux l’usage des réseaux sociaux nécessitent également un cadre légal. Le but ici est de limiter les atteintes relevant de la vulnérabilité humaine, de la fragilité des dispositifs techniques, des failles de sécurité qui entrainent des usurpations d’identité, ainsi que les violences numériques (violences sociales) présentes partout dans le monde. 

  • Le cadre légal et réglementaire au Cameroun

       Au Cameroun, l’Agence de Régulation des Télécommunications (Art) est l’instance chargée de veiller à l’application des textes législatifs et réglementaires en matière des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication. Et selon l’article 7 alinéa 1 de la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité au Cameroun, l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (Antic), est chargée de la régulation des activités de sécurité électronique, en collaboration avec l’Agence de Régulation des Télécommunications(Art). Et pour mieux réglementer le secteur, plusieurs dispositions ont été mises en œuvre en vue de réduire au maximum les dégâts liés à l’utilisation abusive des réseaux sociaux. A l’exemple de la réforme de l’article 241 du Code pénal qui vise la régulation et la répression de l’expression de la haine et de la malveillance dans les échanges, les activités et les comportements sur les réseaux sociaux en ligne et autres voies et moyens de communication au public.

      Quant à la règlementation sur le respect de la vie privée, l’article 74 alinéa 1 dispose qu’il est puni d’un emprisonnement d’1 à 2 ans et d’une amende de 1.000.000 à 5.000.000 FCFA, quiconque, au moyen d’un procédé quelconque portant atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, les données électroniques ayant un caractère privé ou confidentiel. Pendant ce temps, les outrages peuvent valoir un emprisonnement de 2 à 5 ans, et d’une amende de 2.000.000 à 5.000.000 FCFA, ou de l’une de ces deux peines seulement.

       Selon l’article 77 alinéa 1 de la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité celui qui, par la voie de communications électroniques ou d’un système d’information, commet un outrage à l’encontre d’une race ou d’une religion est puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 2 millions à 5 millions FCFA ou de l’une de ces deux peines seulement. Tandis que l’article 78 dans son premier alinéa puni d’un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d’une amende de 5 millions à 10 millions F CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui publie ou propage par voie de communications électroniques ou d’un système d’information, une nouvelle sans pouvoir en rapporter la preuve de véracité ou justifier qu’il avait de bonnes raisons de croire à la vérité de ladite nouvelle. Des peines qui à en croire l’alinéa 2 du même article, sont doublées lorsque l’infraction est commise dans le but de porter atteinte à la paix publique.  

  • Le cas de la sous-région

        Comme partout au monde, les pays de l’Afrique Centrale ont du mal à contrôler les réseaux sociaux, mais ont optés pour alternative, la création des instances de régulation. D’où la création d’une autorité nationale de régulation les secteurs de communication électronique dans chaque Etat membre de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)[3]. Le secteur des communications électroniques est en effet libéralisé par le droit communautaire de la CEMAC. Lui qui met en relief la nécessité d’une concurrence effective, loyale, transparente, non discriminatoire et durable.

       En République Démocratique du Congo par exemple, à la demande de l’autorité de régulation dans une lettre adressée au directeur général d’Orange à Kinshasa, celui-ci prévient sur les échanges abusifs des images via les réseaux sociaux entre les abonnés dudit réseau. La demande de l’autorité de régulation (ARPTC) dans une lettre datée du 7 août, et adressée au directeur général d’Orange à Kinshasa. « Je vous prie de prendre dès réception de la présente, les mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images », a mentionné le document.

  • Sur le plan international

        Les lois et les règlements ne sont pas forcément les même partout, ce qui n’exclut cependant pas qu’il y en a qui sont appliquées dans plusieurs pays à la fois. En Europe par exemple, les lois sur l’usage et l’exploitation des réseaux sociaux s’appliquent le plus dans le cadre de la protection des données personnelles. La convention du Conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel de 1981 serait le premier texte réellement fondateur. Considérée comme le premier cadre juridique européen du droit fondamental lié à la protection des données personnel, ladite convention est ratifiée dans 29 pays. Et parce que les atteintes au droit couvrent plusieurs aspects à savoir la diffamation, l’injure, l’intimidation, le harcèlement, etc. il existe également des réponses juridiques à chacune de ces atteintes. D’ailleurs l’article 32 de la loi sur la Liberté de la presse du 29 juillet 1881[4] sanctionne la diffamation publique envers les particuliers d’une amende de 12 000 €.

        Alors que la radio et la télévision sont soumis à un cadre réglementaire sur leurs programmes, les réseaux sociaux eux, sont soumis à la responsabilité des hébergeurs qui contrairement aux autres, est limitée.  Et pour cela, il faudrait que ces derniers aient eu bien avant, connaissance de l’information offensante et si la demande de retrait des contenus illicites par un internaute (grâce à la procédure de notification des dits contenus), est effectuée rapidement. C’est ainsi que la publication de l’image d’une personne et/ou d’une révélation sur sa vie privée, il ne peut se faire sans son consentement[5], car  selon le Code civil, article 9 chaque personne dispose d’un droit exclusif sur son image et peut de manière discrétionnaire en autoriser la reproduction. C’est ainsi que capter, reproduire et diffuser l’image d’une personne prise dans un lieu privé sur le web sans son agrément est une atteinte à la vie privée ou à l’intimité de la vie privée, même si la Cour de cassation de France précise  que le droit au respect de la vie privée et le droit à l’information du public s’apprécient en tenant compte de « la notoriété ou du caractère public de la personne victime de la divulgation », surtout que « certaines informations relatives à la vie privée de personnes exerçant une activité publique sont susceptibles d’intéresser le public, ce critère ne permettant pas d’opérer une sélection des informations pouvant être légitimement rendues publiques, légitimité dont l’appréciation est variable selon les circonstances concrètes ».

  • Utilisation des réseaux sociaux au Cameroun : comment elle se pratique

         La technologie du web 2.0 a induit un développement fulgurant des Réseaux Sociaux. Autant les plateformes se sont multipliées et rivalisent de fonctionnalités, autant les utilisateurs n’ont cessé d’en diversifier les usages. Les pratiques reposent sur le principe d’expression, d’identification et de participation. C’est ce principe qui permet la création et l’échange des contenus générés par les utilisateurs devenus à la fois acteurs et spectateurs. Ils sont absents physiquement mais présents virtuellement. Ils mènent des activités en ligne sans toutefois se déplacer.

        A l’ère du Web 2.0 en général, et des RS en particulier, la prophétie du « village planétaire » de Marshall McLuhan semble le plus à même de se réaliser. Dans tous les cas, le numérique a provoqué la convergence des contenus (images, audio, vidéos, textes…), des technologies (réseau hertzien, câble ou réseau satellite, réseau ADSL, fibre optique…) et des médias (télévision, radio, presse écrite, Internet…). Désormais tout peut être stocké, lu, vu, écouté à partir de n’importe quel terminal (ordinateur, Smartphone, tablette numérique…). La tendance a été renforcée par le boom du mobile, notamment le Smartphone et l’Internet mobile. Ces deux derniers facteurs ont été déterminants dans l’essor des RS en Afrique et au Cameroun, rendant possible une diversité d’usages.

      Selon le rapport baptisé “Digital 2020 Cameroon ” [6], Facebook est le réseau social le plus utilisé au  Cameroun, avec 3,5 millions d’utilisateurs. Il est suivi par : Instagram avec 390 000 utilisateurs, 640.000 sur LinkedIn et 110 000 sur Twitter. YouTube quant à lui enregistre en moyenne 35 000 utilisateurs unique par mois.

      L’étude révèle également que sur les 7,8 millions d’internautes camerounais, 5,6% bénéficient des services du E-commerce. Par ailleurs, sur les 3,5 millions de followers de Facebook, 58,8% sont des hommes, contre 41,2% de femmes. Les hommes sont aussi majoritaires sur Instagram, LinkedIn et Twitter ; tandis que les femmes sont les plus actives avec les likes, commentaires et partages.

       D’après un sondage réalisé histoiresdecm[7] en 2018, le top 5 des villes les plus présentes sur Facebook sont : Douala, Yaoundé, Buéa, Bamenda et Ngaoundéré. 

     Ces mêmes villes apparaissent dans le top 5 des villes les plus présentes sur Instagram, selon le même sondage :

       Avant d’aller à la découverte de l’utilisation des RS, il est important de s’intéresser aux motivations des personnes qui y vont. Ce préalable commande aussi de cerner les représentations que les usagers ont de ces plateformes.

  • Les motivations à l’accès aux RS

        Il importe de mettre en lumière la panoplie des raisons qui poussent à s’inscrire sur les plateformes. En effet, les pratiques et les trajectoires qui s’ensuivent sont partie liées aux motivations de départ. En s’appuyant sur plusieurs travaux, les motivations peuvent être regroupées en trois catégories, sans prétendre que le spectre soit suffisamment large pour ne rien oublier.

  • Le suivisme

        Les usagers suiveurs confient qu’ils sont allés sur les RS par curiosité, par effet de mode ou par conformité sociale (pouvoir partager les mêmes centres d’intérêt avec les autres et ne pas paraître largués ou ringards, bref exister). Cette dernière raison traduit combien l’individu est influencée par son réseau relationnel : amis, camarades de classe, membres de la famille, collègues, etc. Les suiveurs vont souvent sur les RS avec une idée vague de ce que ceux-ci sont. Au départ, la connaissance se résume de ce qu’on leur a dit. Toutefois, si ces utilisateurs n’ont pas de but au commencement, beaucoup parviennent à se projeter ou à se construire un projet sur les réseaux sociaux.

  • Le positionnement stratégique

       Les usagers de cette catégorie ont généralement une idée plus ou moins précise de ce qu’ils viennent faire sur les RS. Ces internautes connaissent les enjeux de l’usage de ces plateformes. Ils peuvent venir se vendre, vendre quelque chose, faire passer des messages, etc. Ils sont aussi là pour saisir des opportunités : emplois, formations, rencontres amoureuses, etc. Dans tous les cas, ils expriment un positionnement clair et poursuivent un ou des buts précis.

  • Résoudre une contrainte

        Ici la motivation est utilitariste et s’impose à la personne qui s’inscrit sur le RS. C’est par exemple le cas des étudiants qui quittent le cadre familial pour poursuivre leurs études dans une autre ville. Il y a là une opportunité de rester en contact avec leurs proches à moindre coût. Certaines personnes ne sont devenues des usagers des RS que par contrainte professionnelle ou académique (obligation d’intégrer le groupe Whatsapp de la classe ou de l’entreprise).

        Indépendamment de ces trois catégories de motivation, il est important de souligner avec Cédric Fluckiger[8] que les RS sont des « outils de la construction identitaire », notamment chez les adolescents qui constituent une importante tranche des utilisateurs au Cameroun. D’ailleurs l’utilisation intensive des médias socio numériques induit une « augmentation de l’autoproduction et de l’auto publication ». Dans ce qu’Amri et Vacaflor appellent l ’« exposition technologique de soi », il y a la volonté de mise en visibilité de soi, de l’expression d’une culture commune ainsi que l’affichage des goûts et du capital social. C’est le lieu de relever les cinq fonctions identitaires des RS formulées par Fluckiger : incorporation, communication, objectivation du capital relationnel, évaluation et affirmation identitaire.Mais ces fonctions de se n’expriment ni dans leur totalité, ni de la même manière chez les usagers. Les différences constatées peuvent trouver une explication dans les représentations que les individus se font des réseaux sociaux.

  • Les représentations sociales des réseaux sociaux

       Il s’agit ici de dire ce que les usagers pensent des plateformes et des pratiques qui y ont cours. Deux études auprès des étudiants servent de cadre de référence. L’une à l’université de Dschang et l’autre à l’université de Douala[9]. Il est possible d’appréhender la question des représentations sous deux aspects. D’une part l’opinion sur l’importance des RS en tant qu’outils technologiques. D’autre part les représentations liées à la qualité des informations véhiculées sur ces plateformes.

  • Opinion sur l’importance des RS

       Ici sera simplement faite une recension des opinions collectées[10]. En effet, les RS sont vues comme :

  • Des moyens de mise en visibilité du quotidien des personnes ;
  • Le moyen d’avoir le don de l’ubiquité (« échanger avec des connaissances sans tenir compte des frontières », « de voir ce qui se fait ou se passe dans le monde » et « de trouver également des réponses à de nombreuses problématiques pouvant nous turlupiner dans plusieurs aspects de la vie », « se rapprocher des amis, de se faire des amis sans se déplacer ») ;
  • Des lieux de diffusion des connaissances, notamment des documents ;
  • Des espaces de liberté et de gratuité ;
  • Une entreprise à but lucratif et un centre commercial sous-contrôle ;
  • Des outils qui permettent de combler ses besoins informationnels ;
  • Une solution importante pour les carrières et les formations à distance ;
  • Des espaces qui permettent de réaliser des projets personnels et collectifs ;
  • Des espaces permettant de briser les barrières, et pour certains, de se retrouver en plein dans le village planétaire ;
  • Un vivier d’emplois (trouver des jobs, des stages académiques et professionnels) ;
  • Des espaces par excellence de transactions et de divertissement (faire du shopping, regarder des films, écouter de la musique) ;
  • Des lieux où il est possible de trouver des réponses à de nombreuses problématiques sur la vie ;
  • Des espaces qui favorisent les rencontres (amoureuses et amicales) ;
  • Des outils déterminants dans la vie (croyance au déterminisme des RS) ;
  • de simples outils complémentaires ;
  • Des espaces qui favorisent le libertinage (injures, condescendance, manque de respect à autrui au nom de la liberté d’expression) ;
  • Des plateformes numériques revêtant des inconvénients car, on peut y perdre beaucoup. Ainsi, Mireille, une étudiante de Dschang, affirme : « (…) lorsqu’on fabrique le couteau, ça peut couper l’ananas comme ça peut aussi nous trancher le doigt ; ça peut aussi nous couper la tête. Donc il y a une utilité dans le bon sens » ;
  • Un couteau à double tranchant qui permet l’évasion et l’aliénation (d’une part les sites de rencontres et les réseaux sociaux où les individus se comportent comme des marques se positionnant dans un marché. D’autre part, le volet relationnel entre les hommes et la dimension encyclopédique de cette espace, qui permet aux apprenants et chercheurs d’entrer en possession de la documentation nécessaire).
  • Représentations liées à la qualité des informations reçues

           Recension sera également faite ici des avis sur les contenus des RS.

  • Informations pas toujours fiables
  • Informations portant parfois atteintes aux valeurs
  • Manipulation et orientation des actions
  • Informations choquantes

        La perception des contenus des RS peut se résumer dans cette affirmation d’une étudiante de l’université de Dschang : « Les réseaux sociaux, tu vois, c’est un peu comme une poubelle. Chacun vient mettre les choses. C’est à toi de vérifier l’information parce que beaucoup de gens publient n’importe quoi. »

  • Les usages diversifiés des RS

        Facebook, WhatsApp, Twitter, Imo, LinkedIn, Skype, Pinterest et Instagram sont les sites de réseaux sociaux les plus utilisés en Afrique et au Cameroun. Récemment, ils sont de plus en plus nombreux sur Telegram. Nous avons indiqué plus haut que l’expression socio-identitaire est prédominante sur les RS. Mais les usages de ces plateformes intègrent la conscientisation, l’information, la mobilisation sociopolitique, la participation aux débats politiques, la liaison avec la diaspora, etc. Plusieurs aspects de la vie sont concernés : communication, technologie, actualité, sexualité, éducation, économie, santé, société, religion et politique.

       Une typologie des usages peut être faite à partir des buts visés par les utilisateurs. On distingue alors les usages utilitaristes et les usages ludiques. Il sera ensuite important d’appréhender le partage sous l’angle des usages passifs puis sous l’angle des usages actifs.

  • Les usages utilitaristes

        L’adjectif utilitariste renvoie ici au caractère de ce qui est utile à la vie, qui procure le bonheur ou un quelconque épanouissement. L’usage utilitaire satisfait aussi l’intérêt matériel et personnel de l’utilisateur du RS.

       Parmi les usages utilitaristes, il y a ceux qui portent sur la visibilité stratégique. Il s’agit de se positionner et de vendre son image, notamment sur les réseaux professionnels comme Viadeo et LinkedIn servant à exposer des compétences à des potentiels recruteurs, des éventuels clients ou alors à trouver de nouvelles relations. Il y a par ailleurs l’exposition sur Facebook, Twitter, YouTube et Whatsapp où toute prise de parole et toute publication sert à se positionner, à faire connaître son entreprise ou ses activités en vue de trouver des clients ou des partenaires.

      Les artistes, notamment les humoristes, ont trouvé une opportunité formidable pour s’adresser directement à leurs publics. Ils réussissent à gagner de l’argent en intégrant la publicité dans leurs productions. Un projet à succès au Cameroun c’est bien le concept « Trois minutes du peuple » de Steve Fa. Il est devenu un influenceur comme beaucoup d’autres internautes qui se construisent une réputation qu’ils n’auraient pas forcément en sans ces outils technologiques. Influenceur tend à devenir un projet et un métier pour plusieurs utilisateurs des RS.

       La visibilité sert aussi à des rencontres amoureuses ou à la prostitution. Un business se construit d’ailleurs sur ce segment avec des groupes de rencontres comme 100% Ndolo ou War Man du Terre.

        Les usages utilitaires intègrent aussi les usages académiques. D’où les regroupements sur Facebook et sur Whatsapp où se retrouvent des étudiants, des professionnels de tel secteur, les employés d’entreprises, etc. L’abonnement à des pages spécialisées (santé, cuisine, sport, religion, etc), tout comme le choix de suivre tel internaute, servent à s’informer. Les groupes formés sur les RS sont des espaces de débats, où on peut avoir des informations, des réponses sur certaines questions auprès d’autres membres. Ce sont des lieux de partage des opinions, de découverte d’autres points de vue et de défense de ses idées. Il devient possible d’avoir une plus-value sur l’information diffusée par les médias classiques.

       L’adjectif utilitariste s’applique enfin au cyber-activisme, à la cyber-citoyenneté, à la cyber-mobilisation et à la cyber-protestation. Les RS servent à passer des messages pour défendre des causes et défendre des intérêts. La dérive ici c’est la propagation des discours haineux et des Fake News qui visent en réalité à manipuler l’opinion des autres. Ces usages non vertueux ne sont pas moins utilitaristes dans la mesure où ils servent des intérêts bien que souvent inavoués et malsains. C’est notamment le cas de la cybercriminalité.

  • Les usages ludiques

         Les usages ludiques renvoient aux activités auxquelles les internautes se livrent par pur divertissement, sans véritables visées stratégiques ou un quelque projet pensé à l’avance. Il existe une forme d’exposition répondant à cette logique. C’est le cas des personnes qui publient les images et les vidéos de leur quotidien juste pour le fun. Ils sont juste soucieux de récolter les commentaires et les « like » qui ne servent que leur estime personnelle. Une étudiante de l’université de Dschang le confirme : « Quand je publie peut-être une photo, avant 4h de temps quand je peux être à 50 commentaires, je me rends compte que ma photo que j’ai publiée a eu quand même une certaine influence sur ces personnes qui ont commenté cette photo-là. » Cette tendance peut virer à la pathologie.

        Les usages ludiques servent à reconsolider les liens sociaux. La plupart des conversations se construisent autour de « Salut, comment ça va ? », « Qu’est-ce que tu fais ? ». Sur le mur Facebook, on retrouve le même type d’échanges que ceux qu’on a dans la vie réelle. Cela ressemble plus à un toilettage social bien souvent qu’à un moyen de transmettre des informations importantes. Un parallèle peut être fait entre ce type d’interactions quotidiennes sur les RS et le rôle social du toilettage chez les grands singes ; à savoir maintenir les liens sociaux.

  • Le partage : entre usages actifs et usages passifs

          Partager est l’action par excellence sur les réseaux sociaux. Cette action est comprise ici à deux niveaux. D’une part elle consiste à publier ses propres contenus (photos, vidéos, textes, etc.) C’est très souvent le partage des instants de sa vie (travail, mariages, naissances, etc.) D’autre part, il s’agit de relayer les contenus des autres, c’est-à-dire tout contenu qui arrive ou qu’on trouve.

         Le partage est la première fonction des réseaux sociaux. Il se pratique avec une certaine intensité. Chaque utilisateur ou utilisatrice peut y mettre ou y relayer ce que bon lui semble, quand et comment cela lui chante ou l’enchante. Il n’y a pas de quoi s’émouvoir car, il faut commencer par situer le partage comme une activité ordinaire de l’homme en société. Ce n’est guère par hasard que les réseaux sont qualifiés de sociaux. On y est pour partager ; et c’est même leur raison d’être. La traduction littérale de Facebook c’est bien « livre des visages ». A l’origine, il y avait l’idée de faire un album photos. En allant sur Facebook, j’accepte donc de partager mes images avec toutes les personnes ayant accès à mon profil, à ma page, à mon groupe ou à ma communauté, bref avec le public. Et même en réservant la visibilité à mes amis, l’idée de partage ne se perd pas.

         Il existe une différence de degré entre le partage effectué dans la vie ordinaire d’une part, et d’autre part, le partage sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook et Whatsapp, pour ne citer que les réseaux les plus utilisés au Cameroun et en Afrique en général. Sur les réseaux sociaux, toutes les situations de la vie peuvent être mises à la disposition du public, et même dans l’immédiat. Il suffit pour cela d’avoir un appareil Android connecté à Internet. Le public consommateur ici est illimité. C’est un leurre de croire que nous restreignons la portée de ce que nous publions. Et pour cause, chaque publication peut être reprise par d’autres membres qui peuvent à leur tour les relayer. Par ailleurs, les contenus sont aisément transportés (importés si on veut) d’un réseau à un autre. Voilà comment des images ou des vidéos font le tour du monde. Sur Internet, l’utilisateur n’a aucun contrôle sur ce qu’il publie. Rien ne se perd et rien ne s’oublie car, tout peut avoir été stocké par n’importe qui, même lorsqu’on croit avoir tout supprimé définitivement.

        Il faut donc réfléchir par deux fois avec de faire des posts car, après le clic, aucune marche-arrière n’est possible. Il faut donc distinguer le partage actif ou réfléchi du partage passif.

  • Les usages passifs

         Whatsapp affiche un côté macabre au Cameroun ces quatre dernières années, du moins depuis le déclenchement des violences armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en octobre 2016. Des têtes humaines coupées se propagent dans les téléphones. Des corps décapités suivent parfois. En mai 2019, les images du cadavre d’un bébé de 4 mois sont devenues virales. Facebook n’y a pas échappé. De temps en temps, la face lugubre des réseaux sociaux est renforcée par la guerre contre Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord. Il y a eu les fameuses scènes montrant des soldats tirant sur des femmes et des bébés à l’aide de mitraillettes.

       Les photos du bébé assassiné à Muyuka ont circulé sans que jamais la source ne soit indiquée. « Personne ne s’en est d’ailleurs préoccupé », s’exclame un journaliste. Même s’il est avéré qu’un nourrisson est mort, la propagation des images n’a attendu aucune investigation sur les circonstances réelles de l’atrocité relayée de toutes parts.

        Voilà un phénomène commun aux sociétés en proie aux violences armées, comme c’est le cas de plusieurs pays africains. Les atrocités de la guerre contre Boko Haram ne circulent pas moins au Nigeria, au Tchad ou au Niger. Les exactions dans les pays du Sahel sont omniprésentes sur la toile. Il n’y a pas que les images choquantes, parfois insoutenables, qui circulent de manière incontrôlée. Le discours haineux se propage plus que jamais. En Afrique, le tribalisme connaît un renouveau, car le cyberespace lui offre un terrain fertile pour se propager à la vitesse V.

       Le déplaisant ne semble plus déplaire. Le laid est comme magnifié pour plaire. Le dégoutant prend des saveurs. On s’en accommode comme saisi par une inconscience de route sensibilité. On partage pour être ensuite partagé. Tel semble le but du jeu qui a forcément un gain. Sur les motivations, le journaliste Christophe Asselin affirme : « J’en arrive à une conclusion qui peut paraître dérangeante : nous le faisons parce que c’est socialement valorisant. » Des termes ont été sortis de leur banalité et sont aujourd’hui consacrés : visibilité, popularité, réputation, influence, etc.

        Une véritable course au partage s’installe non seulement sur les réseaux sociaux, mais sur Internet en général. La course se fait avec frénésie. C’est à qui aura publié ou tweeté le premier l’annonce ou la survenue d’un évènement ou d’une actualité, et même les images macabres d’un accident de la circulation ou de n’importe quelle scène dont on a été témoin. A peine un accident survient-il sur un axe routier du Cameroun, que des images circulent déjà en ligne. Alors qu’il s’en trouve des personnes pour filmer ces drames humains, il manque des bras pour secourir les victimes. Des fois, les vidéos montrent des accidentés mourir alors que le preneur de vue improvisé aurait pu offrir son secours. C’est bien la preuve que l’impact négatif qui sort du virtuel et a des effets concrets dans la vie réelle.

  • Les usages actifs

        Il faut commencer par quelques considérations sur les limites du partage à outrance. Si partager donne de la visibilité, il est clair que la popularité ne confère pas la crédibilité. Les clics, les vues, les likes et les partages ne veulent parfois rien dire. Souvent, ces réactions ne sont pas avisées car, beaucoup réagissent machinalement, sans réflexion aucune. D’ailleurs, les commentaires sont souvent moins nombreux, la preuve que peu de personnes lisent ou regardent. Il suffit de voir comment plusieurs facebookeurs consultent leur fil d’actualité via leur Smartphone. Le doigt déroule la page, s’arrête instinctivement, va se poser sur « J’aime » puis continue de faire le déroulé. En 2016, le site The Science Post a publié un article qui a ensuite été partagé sur Facebook par 46 000 utilisateurs. Or le texte ne contenait rien, sinon du « bolobolo ». Ceux qui l’ont relayé s’en sont tenus au titre : « Étude : 70% des utilisateurs de Facebook lisent seulement le titre des papiers scientifiques avant de les commenter. » Belle ironie du sort.

        Il faut également se rappeler que le partage détermine ce que le sociologue Emmanuel Kessous appelle une « personnalité numérique ». Cette personnalité intéresse naturellement les entreprises et les agences de renseignements de plusieurs Etats devenus les champions de l’espionnage en ligne. Au Cameroun des internautes semblent avoir pris conscience de partager utile et réfléchi.

        Beaucoup confient qu’avant de partager des astuces reçues ou trouvées en ligne, ils reçoivent les expérimentent d’abord. Certains internautes opèrent un tri de ce qu’ils lisent. Certains se contentent d’ignorer les contenus déplaisants. D’autres tiennent à le faire savoir aux expéditeurs et même à prendre des mesures les cas échéants. Une étudiante de Douala explique sa méthode : « Si cette personne-là a l’habitude de publier ces choses-là je tape je ne veux plus suivre cette personne. Donc, désormais ses publications on ne m’en verra plus. Je rentre sur son profil, je dis je ne veux plus le suivre ». Il arrive que des internautes bloquent d’autres ou alors quittent des groupes qui leur sont inconvenants. Un utilisateur confie même avoir cessé d’utiliser les RSN de façon momentanée afin de dissuader des personnes qui lui envoyaient régulièrement des informations inconsistantes de façon régulière. L’éducation à l’usage des RS doit évidemment viser les partageurs inconscients et « followers passifs » ainsi désignés par le président de la République du Cameroun, Paul Biya, dans l’un de ses discours à la Nation.

  • L’impact social de l’utilisation des réseaux sociaux au Cameroun.

        Le comportement des individus est très souvent influencé par leur environnement, notamment de leurs pairs. Avec la multiplication des réseaux et médias sociaux aujourd’hui, ceux-ci jouent désormais un rôle prépondérant dans notre société en générale et dans notre quotidien. On parle carrément de l’addiction au vue des chiffres phénoménaux qu’enregistrent les réseaux sociaux au fil des années. Selon Datareport, le Cameroun dénombre entre autres : +3,5 millions d’utilisateurs sur Facebook, +110K utilisateurs sur Twitter, +390K utilisateurs sur Instagram, +640K utilisateurs sur LinkedIn et un peu plus de 35K visiteurs unique par mois sur YouTube. Si on y ajoute Whatsapp, le chiffre avoisine la quinzaine de millions.

         Les réseaux sociaux les plus utilisés et leur spécificité selon leur catégorie[11] :

Les réseaux sociaux généralistes :

      FacebookConsidéré comme synonyme de « réseaux sociaux » par certains, Facebook est le seul site où vous êtes susceptible de trouver des amis, des collègues et des parents autour de vous tellement la plateforme est devenue populaire. Bien que Facebook soit principalement axé sur le partage de photos, de liens et de la vie quotidienne, les utilisateurs peuvent également montrer leur soutien aux marques ou aux organisations en devenant des fans.
      TwitterPeut-être la plus simple de toutes les plateformes de médias sociaux, Twitter se juste être l’un des plus fun et intéressants à utiliser. Les messages sont limités à 140 caractères ou moins, mais c’est plus que suffisant pour afficher un lien, partager une image ou même échanger des idées avec votre célébrité préférée ou un influenceur.  La création d’un nouveau profil ne prend que quelques minutes et l’interface de Twitter est facile à prendre en main.
             Google+En combinant le meilleur de Facebook et Twitter dans une seule plateforme, Google a donné aux utilisateurs un réseau social qui a un petit quelque chose de tout le monde. Vous pouvez ajouter du nouveau contenu, mettre en surbrillance des sujets avec des hashtags et même séparer des contacts en cercles. Même si un profil G+ ne prend que quelques minutes pour être configuré, le succès de Google+ n’est surement pas ce qui était espéré par la firme de Mountain View. Note : Google+ a définitivement fermé en 2019.
     SnaptchapIl s’agit d’une plate-forme sociale de de partage photos et de vidéos disponible sur smartphone et qui permet de discuter avec des amis en utilisant des images. La particularité de ce réseau social est que chaque image ou vidéo envoyée ne peut être visible que durant une période de temps par son destinataire. Il vous permet d’explorer les nouvelles et même de consulter des histoires en direct qui se passent dans le monde.

Les réseaux sociaux professionnels :

    LinkedInUn des seuls réseaux sociaux qui est réellement orienté vers les entreprises. LinkedIn est au cyberespace ce que les groupes de réseautage ont été pour les communautés d’affaires locales. Il est idéal pour rester en contact avec ses anciens collègues, rencontrer des clients, des fournisseurs, recruter de nouveaux employés et suivre les dernières nouvelles de votre secteur d’activité.
    ViadeoSite de réseautage social en ligne Français. Concurrent de Linkedin, il permet de construire son réseau professionnel et facilite le dialogue entre les membres. L’une des particularités de Viadeo est de réunir des professionnels issus des petites et moyennes entreprises puisque les profils présents dans des entreprises de moins de 50 employés représentent presque la moitié des inscrits. On peut cependant déplorer que la plateforme soit nettement en perte de vitesse.

Les réseaux sociaux de blogging :

    MediumPlateforme internet de blogging minimaliste conçue pour des textes longs. L’objectif du site est que la plateforme offre une visibilité maximale aux textes indépendamment de leur auteur, pour dépasser la difficulté de faire connaître son blog. Résultats, on trouve des milliers d’articles très utiles et très intéressants tout en restant agréables à lire.
    TrumblrElle est différente de beaucoup d’autres plateformes, puisqu’elle héberge essentiellement des micro blogs pour ses utilisateurs. Les individus et les entreprises, peuvent construire de manière très simple et intuitive leurs blogs avec du multimédia (comme des images et des clips vidéo courts). La force de Tumblr est de s’appuyer principalement sur le re-blogage et donc de démultiplier la viralité des contenus.

Les réseaux sociaux de vidéo :

      YoutubeEn tant que service de partage de vidéos, YouTube est devenu si populaire que son catalogue de milliards et de milliards de vidéos est devenu le « deuxième moteur de recherche mondial ». Les utilisateurs peuvent partager, évaluer et commenter toutes les vidéos qu’ils visionnent La plateforme qui a été rachetée par Google et faisant parti à part entière de son écosystème est le leader incontestable des réseaux sociaux de vidéo.
    TwitchIl s’agit d’une plateforme de streaming pour les jeux vidéo qui comporte une forte dimension sociale. Sur Twitch, il est effectivement possible de suivre ses streameurs préférés et d’interagir avec eux ou les autres utilisateurs. Twitch a été racheté par Amazon en 2014 pour 970 millions de dollars.
  TikTokAussi appelé Douyin, TikTok est une application chinoise lancée en 2016 qui permet de visionner, créer, monter et partager des clips musicaux à travers un format vidéo de 60 secondes. L’application est très populaire auprès des jeunes.
    PeriscopeEst à la fois une application pour appareils mobiles et une plateforme pour appareils mobiles qui permet aux utilisateurs de retransmettre en direct ce qu’ils sont en train de filmer. Appartenant désormais à  Twitter, les utilisateurs doivent se connecter à ce dernier, puis peuvent diffuser en streaming des vidéos filmées n’importe où dans le monde, et de permettre à d’autres utilisateurs de les visualiser durant les 24 heures suivant la fin de l’enregistrement.

Les réseaux sociaux communautaires :

    RedditSite communautaire de partage de signets permettant aux membres de soumettre leurs liens et de voter pour les contenus proposés par les autres utilisateurs. Fortement ancrée dans la culture web, la plateforme est un des réseau sociaux les plus influents.

 Les réseaux sociaux “visuels” :

    InstagramPermet de partager ses photos ou ses vidéos prises avec ses amis sur la plateforme ou via les autres réseaux sociaux notamment Facebook qui l’a racheté. Vous pouvez aussi choisir parmi une variété de filtres photo et inviter des amis à les commenter.
    PinterestServant de gigantesque idée virtuelle d’inspiration, Pinterest a joué un très grand rôle dans les médias sociaux au cours des dernières années. Particulièrement populaire auprès des femmes et de la communauté du « Do It Yourself » , la plateforme permet de partager des photos, et toute sorte de visuels créatifs que d’autres peuvent épingler, enregistrer ou dupliquer.

    L’impact social de l’utilisation des réseaux sociaux est à la fois négatif et positif.

4.1.  L’impact négatif des réseaux sociaux

        La principale conséquence de cette montée exponentielle des réseaux sociaux est la dépendance créée chez les utilisateurs. Alimenter son profil Facebook ou son compte Twitter ou Instagram à longueur de journée peut vite prendre des dimensions démentielles. D’après un rapport de Socialyse Africa[12] en 2019, le temps moyen journalier d’un internaute sur les réseaux sociaux au Cameroun est de 3H12min. Ce qui revient à environ 48.66 jours en moyenne bousillés par un internaute camerounais en une année. On enregistre cette dépendance notamment avec la multiplication de la messagerie instantanée. On parle de tout, mais surtout de rien, pendant des heures, sans même s’en rendre compte. Ceci mène très souvent à l’isolement et peut dériver vers des formes d’intégrisme.

       Outre cette cyberdépendance, on a également la cybercriminalité (avec le vol des données ou le piratage d’identité). Le cyber harcèlement et la cyber intimidation sont de plus en plus fréquents avec la popularité des réseaux sociaux. Les victimes qui se dénombrent chaque jour par millier au Cameroun sont de tout âge, des deux sexes et se retrouvent dans toutes les couches sociales.

       Le dernier volet de l’impact négatif des réseaux sociaux est la montée en puissance au Cameroun des fake news et des discours de haine. Lesquels sont très fréquents dans les groupes populaires et amplifiés par les acteurs politiques au sein des populations. Les périodes électorales sont d’ailleurs les plus cruciales. Toutes ces gangrènes sur les réseaux sociaux ne sont malheureusement pas prêtes à s’arrêter de sitôt.

  • L’impact positif des réseaux sociaux au Cameroun

         Même si les réseaux sociaux beaucoup impactés négativement, il ne faut pas occulter son côté positif qui est tout aussi indéniable. Le premier étant le volet de la socialisation. Les réseaux sociaux au Cameroun ont favorisé les contacts et les échanges. Ils ont brisé les frontières et ont permis aux internautes de créer des relations aussi bien amicale que professionnelle avec des personnes installées à des milliers de kilomètres. On n’a plus besoin d’attendre des dizaines de jours pour voir la lettre portant une nouvelle de famille ou d’entreprise atteindre son destinataire. Les réseaux sociaux ont anéanti ce facteur temps.

         L’autre impact positif des réseaux sociaux résident au niveau du business qu’ils favorisent. D’une part, on a les entreprises qui se sont emparés des médias sociaux. Elles ont plongé dans cet étang virtuel pour communiquer, annoncer, prospecter, recruter, fidéliser les clients. Pour elles, les réseaux sociaux sont devenus un outils marketing qui alimentent leurs stratégies marketing et leurs permettent de décrypter le comportement des consommateurs. Les médias sociaux se révèlent être moins coûteux, personnalisés, quantifiables, et surtout plus efficaces que les médias traditionnels. D’autre part, on a les créateurs de contenus et/ou influenceurs qui utilisent les réseaux sociaux pour développer leur notoriété et leur réputation afin de mieux faire des placements de produits et gagner de l’argent.

       Le dernier volet positif des réseaux sociaux est l’instantané de l’information. Plus besoin d’attendre le retour d’un journaliste du terrain où s’est produit un accident ou un incendie, puis le traitement et la diffusion pour être informé. Lorsqu’un événement se produit, vous avez l’information de façon quasi instantanée avec des live sur le lieu. 

  • Recommandations

        Une chose est d’être sur les réseaux sociaux. Une autre est de savoir comment s’y prendre avec des objectifs précis qui peuvent se formuler en recommandations. Lesquelles sont des conseils sur comment vous détacher des réseaux sociaux. A cet effet, il faut :

  • Evaluer le temps passer sur les réseaux sociaux : il s’agit de pour chaque internaute de connaître le temps consacré réellement à sa vie digitale, se fixer un objectif vers lequel il tend de manière précise. Ceci sera utile à chacun pour changer ou améliore ses habitudes sur les réseaux sociaux.
  • Réduire sa présence mentale sur les réseaux : il s’agit de faire la part des choses et essayer de raisonner mentalement. Posez-vous la question : ai-je vraiment besoin de sauter sur tous les comptes dès le lever du lit ? Prenez le temps de vous réveiller en douceur, prenez votre petit-déjeuner avant de faire le tour des réseaux. Et après, revenez après une ou deux heure(s) voire pendant votre pause. En ce moment, vous aurez plus de plaisir et de choses à découvrir.
  • Réduire techniquement sa présence sur les réseaux : vous pouvez utiliser des extensions et outils qui limitent ou bloquent vos accès aux réseaux sociaux. Ce blocage peut se faire de façon permanente, à certaines heures ou certains jours. Une fois les accès paramétrés, il sera inutile pour vous de revenir sur votre ordinateur chaque 2 ou 5 minutes pour tenter de vous connecter. Si le paramétrage est difficile, une astuce simple : déconnectez-vous en cliquant sur le bouton « se déconnecter ». En actualisant même votre page chaque 10 minutes, vous ne verrez pas les dernières informations et publications de vos proches. Ainsi, vous échapperez à la spirale de la connexion perpétuelle. En fin, vous pouvez aussi désactiver toutes les notifications de vos réseaux et surtout de votre téléphone (+90% de personnes se connecte aujourd’hui à interne via leur téléphone). Ainsi, vous ne saurez pas qu’il y a de nouvelles publications et n’aurez aucun prétexte de retourner à votre appareil.
  • Programmer ses publications : celle-ci concerne plus les community manager et les internautes qui détiennent des pages. Cela vous évite d’être en permanence sur les réseaux et réfléchir sur quoi publier. Pour le faire, il existe des outils payants et/ou gratuits comme Swello, Agora Pulse, sprout Social, Hootsuite, Buffer, etc.
  • Les lois et réglementations mises à la disposition des citoyens doivent être respectées, sous l’impulsion des organes en charge de réguler le secteur de communication numérique.
  • Les lois sur la protection des consommateurs, l’exploitation des réseaux de télécommunications, la cybersécurité et la cybercriminalité, etc. doivent s’appliquer sur tout le monde

Conclusion

            Le travail sur les conséquences sociales de l’utilisation des réseaux sociaux au Cameroun s’est articulé autour de cinq (05) grandes parties. Nous avons pris connaissances du cadre réglementaire de la communication numérique tant sur le plan national, sous régional et international. Lequel nous a permis de comprendre que le but des différents textes de lois est réglementer le secteur et limiter le maximum des dégâts liés à l’utilisation abusive des réseaux sociaux. C’est le cas de l’article 241 du Code pénal camerounais qui vise la régulation et la répression de l’expression de la haine et de la malveillance dans les échanges, les activités et les comportements sur les réseaux sociaux en ligne et autres voies et moyens de communication au public. Quant à l’Article 77 alinéa 1 de la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cyber sécurité et la cybercriminalité, il punit d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 2 à 5 millions FCFA ou de l’une de ces deux peines seulement celui qui, par la voie de communications électroniques ou d’un système d’information, commet un outrage à l’encontre d’une race ou d’une religion.

         En dépit de toutes les dispositions juridiques mis en place, le nombre d’utilisateurs ne fait qu’accroître au Cameroun soit par suivisme, soit pour un positionnement stratégique, soit pour résoudre une contrainte. Dans un cas comme dans l’autre, les conséquences sociales sont palpables. Elles sont à la fois négatives et positives. Sur le plan négatif, on observe une montée en puissance de la diffusion de fausses informations encore appelées « fake news », des discours de haine, et enfin l’addiction aigüe des populations à la multitude des plateformes de réseaux sociaux qui existent de nos jours. D’un point positif, on note une forte socialisation avec la rupture des frontières et des distances entre les internautes des quatre coins du pays et/ou du globe terrestre, le développement des espaces de business et de positionnement stratégiques par des entreprises et des créateurs de contenus ou influenceurs. Face à tout ceci, quelques recommandations ont été proposées pour une utilisation responsable des réseaux sociaux afin de limiter les dégâts et l’extrême dépendance.

          Loin d’être un aboutissement, ce travail est une approche qui pourra susciter d’autres études beaucoup plus approfondies. Lesquelles viendront compléter celle que nous venons de mener.

ANNEXES

Bibliographie

Ouvrages

  • Marshall McLuhan, The Medium is the Massage, Penguin Books, Londres, 1967
  • Ariel Herbert Fambeu et Novice Patrick Bakehe, Interaction sociale et usages d’Internet au Cameroun, L’Actualité économique, Vol. 91, numéro 4, décembre 2015
  • Arnaud de Baynast, Jacques Lendrevie et Julien Lévy, Mercator, Tout le marketing à l’ère digitale, 12e édition, Dunod, Paris, Septembre 2017
  •  

Articles et mémoires

  • Freddy TSOPFACK FOFACK et Alain Roger BOULLA MEVA’A, « Appropriation des réseaux sociaux numériques par une population estudiantine à Dschang (Cameroun) : entre diversification des usages et sélectivité des informations », Communication en Question, nº9, Nov. / Décembre 2017.
  • Hermann ESSOUKAN EPEE, USAGES ET PRATIQUES D’INTERNET PAR LES ETUDIANTS AU CAMEROUN : QUELS ENJEUX ?, mémoire de Master II, Institut de la Communication et des Médias (ICM) de l’Université Stendhal-Grenoble 3, 2015

Documents officiels

  • CEMAC – Règlement n°21/08-UEAC-133-CM-18 du 19 décembre 2008 relatif à l’harmonisation des règlementations et des politiques de régulation des communications électroniques au sein des Etats membres de la CEMAC
  • Internet World Stat _ Juil. 2019

Webographie


[1] ART : Agence de Régulation de Télécommunication. Plus d’infos sur www.art.cm

[2] https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/utilisation/

[3] CEMAC – Règlement n°21/08-UEAC-133-CM-18 du 19 décembre 2008 relatif à l’harmonisation des règlementations et des politiques de régulation des communications électroniques au sein des Etats membres de la CEMAC

[4] https://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/delit-diffamation-publique-internet-reseaux-16655.htm

[5] https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2014-2-page-63.htm#

[6] https://datareportal.com/reports/digital-2020-cameroon

[7] https://histoiresdecm.com/2018/01/08/chiffres-des-reseaux-sociaux-au-cameroun-en-2018/

[8] Cité par Freddy TSOPFACK FOFACK et Alain Roger BOULLA MEVA’A, « Appropriation des réseaux sociaux numériques par une population estudiantine à Dschang (Cameroun) : entre diversification des usages et sélectivité des informations », Communication en Question, nº9, Nov. / Décembre 2017. Disponible en ligne.

[9] Freddy TSOPFACK FOFACK et Alain Roger BOULLA MEVA’A, op.cit. , op.cit et Hermann ESSOUKAN EPEE, USAGES ET PRATIQUES D’INTERNET PAR LES ETUDIANTS AU CAMEROUN : QUELS ENJEUX ?, mémoire de Master II, Institut de la Communication et des Médias (ICM) de l’Université Stendhal-Grenoble 3, 2015, pp. 66-67.

[11] https://digitiz.fr/blog/reseaux-sociaux-definition-liste/

[12] Socialyse : entité d’Havas Media France spécialisée dans l’analyse et la gestion des RS

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  • Robert Ndo juillet 7, 2022

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  • Happy wendji décembre 20, 2023

    Bjr jai une situation avec wagner music group et facebook ma envoyer une note concernant la situation des droit d’auteur alors svp chercher à savoir mes droits. …

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